Savoir-faire

Manu Feildel, un chef orvaltais à la télé australienne

manu-feildelPerdu dans ses pensées devant l’immeuble dans lequel il a grandi, face au lycée Nicolas Appert, Manu Feildel, revoit défiler son enfance. Drôle de parcours que celui de ce petit Orvaltais, devenu chef cuisinier et star de la télévision australienne.

Les souvenirs de Manu Feildel commencent dans le parc entre les immeubles de la Salentine. C’est là qu’il jouait aux circuits de billes dans les bacs à sable, avec ses copains du quartier. Juste à côté, son école n’a pas changé.
« Mais j’étais très, très mauvais en classe« , précise-t-il tout de suite. « L’école, c’était pas mon truc…« . Alors à 15 ans, il part travailler dans le restaurant ouvrier de son père, à Chantenay, puis poursuit son apprentissage dans un restaurant de Nantes. À 18 ans, il part pour Londres. « Les débuts ont été très durs : je ne parlais pas anglais. Je gagnais 150 € par semaine et mon loyer prenait déjà la moitié de la somme », explique Manu.

4 millions de téléspectateurs

Après quelques années en Angleterre, il décide de partir pour l’Australie, persuadé que là-bas, tout est possible. Visa en poche, le cuistot atterrit à Sidney. Il a 26 ans. Là encore, pas évident de trouver du travail : la cuisine australienne est assez loin des goûts culinaires français. Mais petit à petit, la « French touch » séduit les restaurateurs et Manu devient un chef incontournable de la capitale économique australienne. Il ouvre un restaurant français : L’Étoile.

Puis un jour, un mail arrive : Network Seven, une chaîne de télévision australienne, cherche un cuisinier pour participer à une émission. Manu passe le casting et il est retenu. Tout s’enchaîne : son
talent séduit le public et Manu fait un carton. Après cinq saisons, il draine 20 % de l’audience. Devant ce succès, la chaîne lui propose de réaliser sa « biographie culinaire » : un retour sur les traces de son passé en France avec, à chaque étape, une présentation des recettes de la cuisine locale qui l’ont marqué.

« Tous les matins, je me pince pour voir si je ne rêve pas »

Alors pour évoquer son enfance dans cette « série », Manu a tout de suite pensé à la Salentine… et au gâteau au yaourt. « C’est un gâteau qui rappelle tout de suite l’enfance », explique-t-il. Pour son émission, il prépare donc ce dessert avec 5 enfants du centre de loisirs de la Salentine. Il décrit la recette du fameux gâteau typiquement « frenchie » et les jeunes cuistots suivent ses conseils.
D’abord impressionnés, les enfants sont vite rassurés : malgré son statut de star, Manu n’est pas du genre à prendre la grosse tête. Son premier sourire vous met tout de suite à l’aise et le tutoiement vient naturellement. « Je sais d’où je viens, que j’ai beaucoup de chance et que le succès est éphémère : tout peut s’arrêter du jour au lendemain ».

Manu a beau réaliser ses rêves, il garde la tête sur les épaules : « Tous les matins, je me pince pour voir si je ne rêve pas. Mais… tout n’est pas tombé du ciel. Il a fallu 20 ans de boulot pour en arriver là ».



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